This is NOT your birthday party
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En réponse à l'éditorial de la Gazette du jeudi 30 août 2008*
Un autre réveil pluvieux, une autre claque dans la face, toujours la même réaction. Moi qui pensais qu'éventuellement on finit par se soumettre, par abandonner et simplement se dire "c'est comme vous voulez".
Mais ce n'est pas le cas, on oublie jamais, semble-t-il, parce que ce matin, je n'ai pas été capable d'accepter cet affront à notre nation (car nous sommes une nation). Pas capable de simplement gober la petite pilule et me dire de me la fermer, de me dire que j'dois trop être pris avec l'histoire ou la politique.
Ce matin, la Gazette de Montréal, le seul quotidien encore ouvertement dégueulassement biaisé du Québec*, larguait une autre bombe sur la nation Québécoise, après avoir accusé le protectionnisme culturel Québécois d’être la cause des tueries dans les écoles… Maintenant le 400ème anniversaire de la fondation de la ville de Québec, en 1608 par notre nation française, est également une date de fête pour la nation anglaise d’à côté.
Et pourtant, dans les faits, les Anglais n’ont mis les pieds au Canada que 150 ans plus tard et ce n’était pas très joyeux comme rencontre, deux généraux assassinés en pleines plaines d’Abraham. Donc, techniquement, si jamais on voudrait être légèrement machiavélique, on pourrait dire que « l’anniversaire » du Canada est cette date sanguinaire lorsque les Anglais ont envahis Québec, en 1758… 150 ans après la création de celle-ci.
Pour vous donner une petite idée de l’ampleur de la bombe qu’y a été larguée par la Gazette, il suffit de prendre n’importe quel autre exemple d’impérialisme récent et frais dans la mémoire des gens, dans l’histoire et la mettre en contexte.
Tiens, un excellent exemple, imaginons que suite à l’invasion de la France par l’Allemagne durant la deuxième guerre mondiale, les Allemands décidaient d’également adopter le 14 juillet (fête nationale Française) comme fête nationale Allemande (en plus de la leur), vous imaginez le désastre? Dans le même ordre d’idée, les Canadiens ne fêtent pas la Fête Nationale du Québec (la « Saint-Jean »), il est donc véritablement bizarre d’essayer de justifier en quoi la célébration de la création d’une ville par les Français en 1608 aurait quoique ce soit à voir avec la monarchie Anglaise venant conquérir celle-ci 150 ans plus tard.
Mais évidemment, ceux-ci s’empresseront de vous répondre les deux plaintes suivantes :
« Il faut accepter le passé » et la fameuse « Nous avons été invités par la mairesse de Québec ». Évidemment, la première n'est jamais vraiment prise en compte par les Québécois, qui comprennent bien que si le Québec avait accepté sa situation de conquit, c'est à l'abandon qu'il aurait laissé depuis longtemps son identité française, comme les acadiens et les franco-ontariens.
La deuxième étant encore plus drôle à expliquer : Ce n’est pas parce que vous êtes invités à un « birthday party » qu’on veut nécessairement vous y voir. C’est encore plus étonnant de voir une telle réaction de la part d’un journal anglais, rois de la superficielle élégante politesse.
Il suffit d’une mise-en-contexte pour comprendre pourquoi les « Canadians » ont été invités à cette fête :
Imaginez-vous à votre fête, organisant le party de l’année. Tous vos amis ont confirmé leur présence, tout à été organisé à longtemps à l'avance. Or… le hic, c’est que vous habitez dans un duplex et que le voisin… eh bien c’est le fils du propriétaire. Il est un peu chiant, nonchalant, pas mal « pogné » et vos relations ont toujours été un peu tendus. À l’origine, ce n’était évidemment pas dans les plans de l’inviter, mais…
Un bon matin, sur le point de partir au boulot, sortant à peine du lit, il vous attendait dehors, juste en bas des escaliers*, regard plutôt niais et déconnecté, vous demandant son invitation au « party de l’année »… Évidemment, vous acquiescez. Parce que ca vaut pas la peine de se faire chier avec ça et parce qu’il a l’air de vraiment vouloir venir, étant donné qu’il en organise pas souvent lui, des partys.
Vous vous rappelez également la dernière fois qu’il s’était invité ainsi, à un autre de vos gros party, vous étiez juste sur le bord de lui annoncer que vous aviez trouvé un nouvel appartement, que vous pensiez résilier le bail et que vous vouliez enfin partir loin de ce merdier. Soudainement, le loyer coûtait moins cher, toutes les réparations demandées depuis des années ont été effectuées et il s’était invité avec toutes ses belles amies en vous aimant comme jamais*...
Alors voilà où vous en êtes, avec un voisin qui s’invite à vos fêtes, et qui décide que c’est sa fête à lui aussi.
Mais après toutes ces années, est-ce que cette fois-ci, encore, vous allez faire si tout allait bien, accepter une autre claque dans face et un autre réveil pluvieux?
Mais moi, non, je n'en peux plus, c'est assez. Je suis simplement tanné de ne pas pouvoir faire la fête avec les gens de ma famille, mes amis et mes cousins en paix, de ne pas pouvoir devenir ce que je veux devenir et de pas pouvoir faire trop de bruit de peur de déranger les autres.
Donc je me lève et je lui dis ceci:
Non, Canada, ceci n’est pas également ton anniversaire,
Non, Canada, ce n'est pas le 400ème anniversaire de la fondation de TA capitale nationale.
Canada, this is NOT your birthday party.
* Éditorial disant simplement que les canadiens pouvaient venir fêter le 400ème de la fondation de Québec en 2008 comme si c'était leur fête à eux également.
* De manière officieuse: La Presse, Le Soleil, Le journal de Montréal sont fédéralistes, et le Devoir est souverainiste.
* Oui, c’est une référence à Paul Piché
* Oui, c’est une référence au référendum de 1995
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Pensées des derniers jours:
"L'indépendance, c'est comme un pont : avant, personne n'en veut, après, tout le monde le prend."
- Félix Leclerc
Musique: " Pâte Filo " de Malajube

