The Lady in pink
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Il est quatre heures du Matin, La nuit me mène à rien.
Dis qu'est-ce tu dirais, si j'te dirais.... Ahhhhh et puis rien!
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Calmement je m'approche de la peinture, presque fraîche, voire vivante. Je ne soupire pas, malgré mes souvenirs qui me déchirent, je ne voudrais pas déranger l'Ange, ni mes pensées insensées, et la beauté chantée de cet instant. Ce moment, ARG, CE MOMENT!
Cette brise, dans mes cheveux, ce liquide inconnu, dans mes veines, mon sourire devant ce ciel bleux comme les yeux d'un ange se réveillant. Et la musique! Les saintes cordes de ces violons bercants mon oreille. Les rires, si joyeux. Cette si belle journée.
Et la si jolie Dame en Rose.
Je la regarde, tranquillement, comme enfin libéré de mes chaînes m'empêchant de l'idôlatrer. Je profites du moment, analyse chacune de ses parisiennes courbes. Je vénère le symbôle qu'elle représente, dans son innocence, dans sa féminité, dans son inconnue existence. C'est l'Amour, c'est Mega.
Ce que l'on recherche tous.
Cette robe si bien portée, qui absorbe notre attention dans la foule d'inhumains, la seule qui croise notre regard si allégrement surpris dans ce tas de vie oubliées. Celle qui nous absorbe littéralement, et nous perd au milieu de nul part.
Notre raison de vivre.
À la recherche de notre Dame en Rose.
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Comme un con, j'n'arrête pas de penser: "il est 4 heures du mat, connard, va te coucher".
Mais je ne réussis pas. C'est en vain. "Peut-être que le son de l'eau, et sa douceur coulant sur ma peau toute crasseuse et suante va me calmer, et m'endormir?", me dis-je candidement, sachant pertinemment au fond, que comme à l'habitude, cela n'aura pas d'effets.
Peu importe, comme une machine, je me met à l'oeuvre. Mais dans le noir, et avec la fenêtre ouverte.
Divine expérience que ce fut! Guider mes mains vers les différentes bouteilles, les vingtaines différentes bouteilles, au hasard, sentir chacune d'entres elles, comme un enfant sourit à sa mère dès les premières semaines... comme un chien hésitant entre différents os. Je sentis chacun de ses parfums, les yeux fermés, dans ce noir presque complet, rêvant à ces simulations de printemps rosé, et fleur des champs....
À celui des cheveux de mes anciennes amoureuses.
À celui qui traîne encore sur mon oreiller, à celui qui hante encore mes chauds col roulés.
À celui de la première fois avant de sortir ce soir là.
Chacun fut dégusté avec une passion digne d'un dernier repas. D'un service avec mes apôtres, d'une fin proche.
Et dans mes oreilles résonnant cette sublime symphonie, la "Moonlight Sonata" de Beethoven.
Et j'accomplis ce dernier repas, cette dernière Messe.
Et puis j'ouvris mes yeux, et regarda par l'ouverte fenêtre, la rue déserte. Ce vent solitaire, pleurant qu'on le retrouve. Ces sols recouvert de paix et de sérénité. Mon monde, la Nuit. Ma soeur, la Lune, endormie ce soir. Mais je ne l'oublie pas.
Puis, je sors de ma douche, encore en état de choc, de cet orgasme d'une surdose de printemps.
Je me tiens devant mon mirroir et constate...
J'aperçois mon corps, nu, ruisselant, et étonnament musclé malgré tout, et non ma tête. Celle-ci est comme embrouillée, cachée, disparue, non-existante... dans les nuages...
Non, dans une tempête. Exactement. Dans ma tête c'est l'Orage.
Et la Dame en Rose.... Et cette Rue si paisible et solitaire... Et c'est parfums de printemps simulés.
J'ai hâte de vivre mon propre printemps, d'animer mes rues.
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Pensée du Jour
"... Et la vie, est si Fragile"
- Luc de la Rochelière