dimanche, janvier 22, 2006

Malgré le sang, et les dents qui cassent.
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Il y a un fleuve qui s'est créé entre nous, couleur pourpre, comme noyé par l'Amour.

D'un côté comme de l'autre, nos regards s'engouffrent sur des plages inconciliables. Tu sais, ton parfum hante encore chaque vague qui vient s'écraser contre mon souffle.

La vérité c'est que le sable d'ici se rappelle encore chacun de tes pas. Mais ils sont si froids. Ta forme brûnatre brunette s'entortille dans un brouillard quelconque, et je t'entends presque pleurer. Non, c'est faux, je t'entends pleurer.

Je t'entends pleurer, et sur mes joues naviguent des goutelettes écarlates, comme emportant l'aube à chaque marée. J'aimerais bien me déchirer, mais mon sternum est trop occupé à ne pas faire éclater ce qui me reste de coeur.

Je cris et je cris, mais mes poumons n'ont plus de souffle, le moment l'ayant emporté dans ses poches ensablées. Mes veines se gonflent et un ouragan frappe mon visage dévisagé par l'ombre. Je n'suis plus un homme le temps d'une noyade.

Mais voilà, chère Zazia, ce fleuve étant la cicatrice sur nos coeurs amoureux enlacés, tu dors ce soir sur une plage inconnue, tête pointant le sud, tandis que mon crâne engrossi par le souvenir s'endors ce soir, pointant le nord.

La Terre est ronde, la mer est calme. Tu trouveras ton Amérique, sinon ce sera mon Inde.

Bon voyage ma douce.

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Pensée des derniers jours:

"Un lac réfléchit mieux les étoiles qu'une rivière."

Musique: " À la figure " - de Marc Déry