vendredi, juillet 15, 2005

Our Lovely Star
============================================

Journée fringante de juillet,

Le pavé centenaire de Saint-denis m'observe, terminer rapidement une fin du monde.

Le soleil crée de grosses gouttes salées sur mon front plissé par le temps, par ma vingtaine d'années. L'érosion créée forme des rivières d'envie le long de mes joues rugueuses, dans lesquelles mes souvenirs d'amours passés s'énervent, et deviennent tempêtes lorsque je bouge ma tête, lorsque j'bouge mes fesses, seul, un dimanche, dans un café campus, parmi un tas de fées rompues par la vie, on veut qu'danser, sans plus.

Pour l'instant, Ma fin du monde gît sur la table, inerte mais trop présente, elle m'attend, inlassable et frigide, un goût amer de passé injuste et de futur improbable. La chaleur me tappe, ton image m'hante comme une brise incessante sur les rideaux d'la chambre de ton appartement. J'me rappelle passé des heures assis, parlant, parlant, parlant, ma main gardée par la tienne, le temps se moulait lentement sur tes courbes divines, ce sourire calin, un amour latin, on avait tout notre temps... tout notre temps.

C'est une journée fringante de Juillet,

Le pavé de Saint-Denis est hanté par les passants incessants qui trotinent lentement sur sa peau. Sa peau si brûlante par cette journée d'été, et bien qu'il soit sombre comme mon coeur, il recèle tant de bon temps, tant de bonheur. Il est bonne heure, c'est vrai, mais je suis jeune et con, et le jeun sera demain matin, pour l'instant j'rêve de tes mains sur mes cuisses dénudés, et j'me dis, en imaginant ton rire serein dans un océan d'couvertes blanches comme les nuages:

Christ qu'on était bien.

Malgré ma solitude sur cette terrasse, je me laisse allégrement terrasser par l'idée qu'tes pieds aillent frôler ce Saint quelques temps plus tôt. J'suis un peu fou, j'le sais, mais j'me laisse tenter par l'envie, par une vie passée, avant qu'demain arrive, avant qu'mes souvenirs se lassent pour une autre.

Parce qu'avec toi j'étais si bien, et que j'sais que j'le serai encore avec une autre, mais dis, ma Québécoise, est-ce que l'amour est juste une étoile filante?
Parce que sans toi, c'est malsain, et le fait que j'vivrai encore tout ça avec une autre m'fait comprendre, dis-toi, belle Québécoise, que l'amour c'est plus qu'une étoile filante...

C'est une journée fringante de juillet,

Et bien que j'me sentes locasse, j'm'ennuie, et j'trimbales idées noires froides comme le pôle sud, où de vilains pingouins marchent vers l'Empereur. J'pense que mes aïeux m'en voudrait d'm'en vouloir ainsi, pour une histoire d'une jeune vie, d'une génération qui va passer, l'amour c'est juste un fossé le long d'la route.

Alors j'vais m'lever, tranquillement mais sûrement, retourner à mon appartement, voir mes colocs, et écouter mon répondeur... écouter mon répondeur.

Espérant attendre ta jolie voix, ma Québécoise,
Vivant une belle vie avec vous, Québécoises,

Et j'me dirai, un peu fou, un peu chaud, qu'au fond, c'pas flou c'qu'il disait...
La vie c'est long, mais c'est court des p'tits bouts.

On cherche tous notre étoile filante.

==============================================================
Pensée des derniers jours:

"La vie offre toujours deux pentes. On grimpe ou on se laisse glisser."
-Pierre Hebey

Musique : " Étoile Filante " - Cowboys Fringants