samedi, novembre 20, 2004

Isn't Something Missing?
================================

Je m'étends sur le sol, tranquillement, palpant calmement le sol glacé de mon appartement.

Le bois franc et honnête craque sous mon poids, comme si j'étais trop lourd, je ne suis qu'un corps gras sans grâce.

Puis, suivant la terrible mélancolie de son existence, mon corps se raidit brusquement. S'allongeant de tout son long, tel un cheval mort, un poids de moins sur nos consciences.

J'appui enfin ma tête contre le sol, suivant l'harmonie tristement sereine du reste de mon être. Mes bras loin du corps, je maitrîse l'art de m'étendre, sans attentes. Je suis en symbiose avec la solitude, je deviens Un avec la tristesse.

J'osculte la couleur obscure de mon vieux plafond. Mes iris oscillent et observent obsessivement les obèses déformations de celui-ci: il n'est pas parfait. Il est jaune, salie par les années, désabusés par toutes les obsénités passées sous son toit. Je le comprends.

Mais je suis trop triste pour en être accablé. Sa vision à outrance me décourage, me désespère.

Je ferme les yeux, comme si c'était normal.

Images et angeresses hantent l'antre de mes pupilles assoupies. J'en ris, habituellement, mais pour l'instant, la triste réalité est un sursis pour mes pleurs, qui ne se gênent pas: ils me dévisagent loyalement de rivières et ruisseaux de flots salés et amers. La mer... la mère de tous espoirs, un océan de rêve, celle dont les multiples facettes me déchirent, m'outre, autant d'un côté que de l'autre. J'imagine déja le bleu du ciel flottant sur leurs paupières européennes, quelle classe... Arg... Belzebuth, de grâce!

Puis-je faire un pacte avec le diable, si je suis le seul démon qui dévore mes pensées?

La peau de mon visage s'hydrate, comme ma tête, baignant dans un océan de larmes.

J'ouvre les yeux.

La réalité me désarme, malgré moi, n'étant qu'armé de désespoir. Mes globes oculaires cherchent en vain la vérité... en vain dis-je. Les pièces sont vides, de sens, de joie, de vie, de personnes. Rien n'est à sa place, mais tout est ordonné. Je cherche mais comprend enfin que ...

Je suis la seule personne manquante.

Mon coeur est ailleurs, mon corps est presque mort. Ma raison déraisonne et images de requiem ténébreux résonnent dans mon crâne de sapiens sapiens. Je brille par mon absence. Quelle triste étoile je fais, ainsi sur le sol, seul dans mon univers.

Je me lève.

Je soupires.

J'ouvre la porte,

et Je sors.

=====================================

Pensée des derniers jours:

"C'est notre heure. Nous devons être jeunes et vaincre."

-Federico Garcia Lorca

Musique: "Missing" - de Evanescence